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Nous avons, pour ce court commentaire, retenu trois thèmes qui nous paraissaient être les plus importants...

 

Les exemples 

Les exemples font partie intégrante de l’œuvre. Ils sont extrêmement nombreux et précis et apportent au livre un réel caractère historique.

Ils n’illustrent pas seulement les propos de Machiavel. En effet, il s’en sert pour raisonner, juger, s’interroger, sur la conduite que les princes doivent tenir ou éviter. Les exemples ne sont donc pas seulement là pour appuyer l’argumentation mais font entièrement partie de celle-ci.

Ainsi, certains chapitres sont entièrement constitués d’exemples (comme le Chapitre 4).

De plus, la véracité historique des exemples utilisés est parfois légèrement modifiée. Les historiens qui ont étudié le livre ont ainsi pu observer certains rajouts et omissions dans les récits historiques relatés par Machiavel, ceci afin de servir au mieux l’argumentation.

On pourrait relever le passage du Chapitre 19 où Machiavel discourt sur les empereurs Romains ou encore lorsqu’il parle de César Borgia au chapitre 7.

De plus Machiavel prend aussi la liberté de réutiliser, à sa guise, et sous diverses facettes, les mêmes exemples, toujours afin de les adapter à son propos. On peut ainsi relever la présence de Philippe de Macédoine aux chapitres 3 et 24, de César Borgia aux chapitres 7 et 14, et aussi du Sultan Turc aux chapitres 3 et 19. Ces personnalités étant à chaque fois utilisées à une fin argumentative différente.

 

 

Le rapport à la religion

Comme nous l’avons indiqué dans l’introduction, ce livre a été, dès sa publication, censuré par la religion catholique et considéré comme un ouvrage hérétique.

Nous voyons deux causes majeures à ce rejet du texte de la part du milieu religieux.

 

D’une part, le Prince véhicule des idées en constant désaccord avec la doctrine catholique. En effet la description, que donne Machiavel, de l’être est en contraste avec celle véhiculé par la bible : par exemple, l’homme, qui doit faire preuve de bonté et d’amour envers autrui d’après les religieux, est considéré comme « mauvais » de nature par Machiavel.

Il est donc aisé de comprendre que les idées de Machiavel ne peuvent s’accorder avec les idées religieuses.

  

D’autre part, Machiavel émet une profonde critique de la religion dans son chapitre sur les « principats ecclésiastiques » (chap. 11) qui est sans doute aussi à l’origine de la censure.

En effet, il dénonce les mœurs corrompues de la cour pontificale et la mauvaise influence des religieux sur les princes. De plus, il accuse aussi l’église d’être responsable de la faiblesse militaire de l’Italie à l’époque (accusation qui sera reprise dans les Discours, autre texte majeur de Machiavel).

 

Dès lors on comprend bien pourquoi l’église a mal reçu l’ouvrage et a décidé de le censurer, et cette décision expliquera en partie les réactions négatives des contemporains de Machiavel.

 

 

 

Inhumanité ou réalisme

Mais plus que pour son anti-religiosité, c’est le manque d’inhumanité apparent du texte qui a entraîné les nombreuses controverses. Il est vrai qu’à première vue, le récit peut sembler froid, sans émotions. Machiavel se contente en effet de dresser le portrait du prince, dans un récit rythmé, « d’une bonne humeur endiablée » (pour reprendre les termes de Nietzsche). Or ce portrait semble s’opposer à toute morale politique.

Nous comprenons donc tout à fait les nombreuses critiques qui ont été émises. Cependant malgré une apparente simplicité (le style d’écriture, littérairement parfait, reste simple une fois que le vocabulaire relatif au prince est assimilé), l’ouvrage véhicule des idées compliquées à cerner. Et comme le faisait comprendre Napoléon, grand commentateur du Prince, l’œuvre a été maintes fois lue, mais peu de fois comprise.

Et, bien que nous ne pencherons pas du coté de Rousseau, qui prétendait que ce texte était écrit pour aider le peuple, il nous semble difficile de qualifié le texte d’inhumain.

Machiavel nous apparaît plutôt comme un grand analyste de la politique et ce livre, comme une description réaliste et pragmatique du Prince.

Ce n’est donc pas l’auteur qui est dénué de morale, mais la politique elle-même, et nous en voudrons pour preuve les différents exemples, tant anciens que modernes, qui ont forgé l’histoire politique du monde.

 

 

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